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La start-up d’État Pix passe à la vitesse supérieure

Devenue l’outil de référence de l’évaluation des compétences numériques des élèves français l’an dernier, la plate-forme Pix, issue d’une start-up d’État, se déploie en cette rentrée dans l’ensemble des classes à partir de la cinquième. Elle délivrera ses premières certifications aux élèves de troisième et de terminale notamment. 

Le “service public en ligne d’évaluation, de développement et de certification des compétences numériques”, incarné par la plate-forme Pix, entre cette année dans une nouvelle étape cruciale de sa généralisation. Lancée sous la forme d’une start-up d’État au sein de l’incubateur interministériel de services numériques en 2016, Pix s’est émancipée en avril 2017, quelques mois après l’ouverture de la plate-forme, pour devenir un groupement d’intérêt public, autonome donc.

L’an dernier, la start-up franchissait déjà un cap décisif, avec sa reconnaissance officielle par l’éducation nationale, qui en a fait le service public du développement et de la certification des compétences numériques des élèves, en remplacement du poussiéreux Brevet informatique et Internet (B2i, collège et lycée) et du niveau 1, pour le moment, de la Certification informatique et internet (C2i, enseignement supérieur).

Plusieurs textes publiés au Journal officiel à la rentrée de 2019 ont en effet acté la montée en puissance de Pix sur le plan national, avec l’attribution à la plate-forme de la mission d’évaluer les compétences d’un cadre de référence européen, que ce soit dans l’enseignement public ou privé. Le champ des compétences évaluées (16 au total) couvre aussi bien la recherche d’informations sur le Web ou le travail collaboratif que la création de contenus, en passant par les notions de protection des données et de sécurité. 

Généralisation dans tous les établissements scolaires 

La moitié des collèges et lycées ont déjà commencé à mettre en œuvre Pix dans leur établissement sur l’année 2019-2020. Désormais, tous les établissements seront concernés. “Après quatre années d’expérimentation et de coconstruction, le dispositif Pix est généralisé dans les collèges et lycées à la rentrée 2020”, indique ainsi la start-up sur son site. Une première “campagne de positionnement” devra être réalisée pour l’ensemble des élèves à partir de la cinquième, et ce avant les vacances de la Toussaint.

Quant aux élèves de troisième, terminale et aux deuxième année de CAP, BTS et classes préparatoires, ils devront obligatoirement passer une certification de leurs compétences numériques acquises tout au long de l’année. La première phase de la généralisation, qui s’est déroulée de manière volontaire sur l’année scolaire 2019-2020, avait consisté à “permettre aux collèges de mettre en place Pix dans les meilleures conditions pour une préparation dès la classe de quatrième en vue de la certification l’année suivante en troisème” et à “donner le temps aux lycées d’intégrer Pix dans la nouvelle organisation des enseignements du nouveau baccalauréat”, précisait la start-up l’an dernier. C’est donc cette année que les premières certifications Pix seront délivrées aux élèves dans le cadre de la généralisation du dispositif.  

Ce nouveau service public de l’enseignement du numérique compte aujourd’hui plus d’1 million d’utilisateurs, dont 300 000 élèves et 40 000 professeurs. Le reste étant composé d’utilisateurs étudiants ou adultes issus de différents organismes publics ou privés, voire de particuliers qui souhaiteraient monter en compétences et valoriser leurs connaissances en la matière, auprès d’un futur employeur par exemple. Les organismes sociaux de médiation numérique l’utilisent également pour accompagner leurs publics éloignés du numérique.

Il y a tout juste un an, lors de sa généralisation dans le scolaire, la plate-forme ne comptait que 300 000 inscrits. Un an plus tôt encore, ils n’étaient que 50 000. Plus de 80 000 certifications ont été délivrées, principalement à destination d’étudiants de l’enseignement supérieur, qui ont été les premiers à bénéficier de Pix. La start-up s’attend toutefois à décupler ce chiffre, puisque la certification deviendra obligatoire pour environ 1,5 million d’élèves au collège et au lycée.

Bien au-delà de l’éducation nationale 

Les promesses de la plate-forme sont telles que nombre d’acteurs y voient un potentiel qui dépasse les seuls murs des salles de classes. Dans chaque mission sur l’inclusion numérique, la start-up d’État est mentionnée comme un outil en faveur de l’apprentissage du numérique. Dernière en date, la mission sur l’“illectronisme” du Sénat a souhaité “la généralisation du test Pix” afin “d’évaluer, de certifier et de développer les compétences numériques du plus grand nombre”

D’autres veulent aussi considérablement étendre le champ d’action de Pix. Le Conseil national du numérique (CNNum) invitait par exemple le gouvernement à créer, sur la plate-forme, des parcours de formation spécifiquement liés aux problématiques de la santé, tant pour les usagers du système de santé que pour les professionnels : protection des données de santé, obligations qui s’imposent à l’industrie pharmaceutique, processus de pharmacovigilance pour encourager la remontée d’informations sur les effets secondaires de médicaments, bonnes pratiques en termes de sécurité numérique dans le cadre de la santé…

Pour le CNNum, la plate-forme possède en effet plusieurs atouts : “son caractère public et sa reconnaissance par l’État, son agilité, permettant de construire des parcours par agrégation de briques de compétences, et sa capacité à se déployer tout au long de la vie des citoyens, en formation initiale comme en formation continue”.

L’intérêt de l’utilisation de Pix pour la formation des agents publics fait également son chemin dans plusieurs ministères, mais aussi parmi les collectivités locales. D’ailleurs, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé en août 2019 l’élaboration d’un “Pix Enseignant”, afin de s’assurer que les enseignants maîtrisent eux aussi les fondamentaux du numérique. 

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