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Leader de l’informatique décisionnelle et spécialiste des solutions analytiques innovantes, SAS permet à tous types d’organisations, dans un environnement budgétaire très contraint, d’optimiser plus efficacement achats, dépenses de fonctionnement et d’investissement, organisation du travail, collecte des impôts, distribution des aides publiques. Un pilotage fin qui prend en compte les spécificités de chacune de ces missions de service public.

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Secteur public : les nouvelles techniques de lutte contre la fraude

À l’instar des entreprises, qui se sont lancées dans la transformation numérique avec un peu d’avance, les administrations effectuent aujourd’hui leur transition digitale. Le contrôle et la lutte contre la fraude représentent le cheval de bataille de ce secteur et ceux-ci doivent répondre à plusieurs enjeux. En effet, identifier les erreurs de déclaration et la fraude délibérée constitue un défi pour l’administration.

Il convient de préserver l’équité et la solidarité nationale. Pour cela, les ressources humaines limitées pour traiter, organiser et prioriser les actions peuvent tirer parti des dernières avancées technologiques. Il est cependant important de rappeler que les technologies constituent des outils pour accompagner l’action des contrôleurs sur le terrain, mais pas pour la remplacer. Le jugement humain reste essentiel pour différencier les erreurs des fraudes, pour évaluer la nature essentielle de certaines prestations qui ne peuvent être suspendues par un simple automatisme.


L’enjeu est de taille pour mener à bien cette lutte contre la fraude et il convient d’abord de disposer d’une vue à 360 degrés. Cette vision s’obtient en combinant les données internes et externes à l’administration. Un accès aux données qu’il faut simplifier, via la construction de règles qui permettront une bonne exploitation de ces données et la réduction des silos. Une étape clé pour faciliter le travail du contrôleur et ainsi améliorer les outils d’enquête.
De cette vision à 360 degrés découle le fait d’orchestrer et mesurer les actions : la mise en place de métriques, de processus de pilotage et de reporting permet en effet d’assurer la cohérence des opérations avec les objectifs et les budgets fixés.
Enfin, et c’est là un point clé, il convient d’automatiser certaines activités. Trop de tâches automatisables sont encore effectuées à la main. Industrialiser certains workflows permettra aux contrôleurs de se concentrer sur des missions plus valorisantes et à plus forte valeur ajoutée. En cela, la technologie joue un rôle prépondérant.

De nouvelles techniques pour lutter contre la fraude sociale existent

Le gouvernement a fait de la lutte contre les fraudes sociales son cheval de bataille. “Lutter contre la fraude est une exigence démocratique et permet de rétablir l’équilibre entre les droits et les devoirs. S’attaquer à ce chantier permet de mettre à jour les contournements des règles”, a ainsi indiqué le ministre en charge des Comptes publics en mars dernier, pendant que le Sénat adoptait une proposition de loi pour renforcer la lutte contre les fraudes sociales.
La vision à 360 degrés évoquée plus haut a pour objectif d’amener de la valeur. Et avec elle, la volonté de mettre en place une relation bilatérale entre le citoyen et le fonctionnaire qui s’occupe de son dossier. L’objectif recherché est d’obtenir un rapport au citoyen très équilibré.

Au-delà du renforcement des équipes terrain et de la collaboration accentuée entre les différentes administrations, 4 niveaux d’aptitudes spécifiques doivent être mis en place. 
À commencer par l’analyse des vulnérabilités à la fraude. Les données internes et externes doivent être exploitées pour répondre aux exigences en matière de bénéfices sociaux. Il convient alors d’analyser l’existant pour identifier les vulnérabilités des processus et des systèmes, et d’effectuer des recommandations sur les vulnérabilités et les systèmes de fraude existants et nouveaux, puis de mettre en place des plans d’action pour corriger ces vulnérabilités.
La mise en place d’une plate-forme de détection rapide est également requise. Elle doit reposer tout à la fois sur l’analyse des données internes de plusieurs sources d’allocations, réclamations, comptes d’employeurs, etc., à l’aide de modèles analytiques avancés, mais également sur le déploiement de capacités d’analyse de liens pour examiner les informations et identifier les grappes d’activités suspectes. Enfin, une mise en place de rapports pour aider à identifier les tendances, les modèles et les signaux.


La vérification d’identité et détection de bots est également un enjeu majeur. Le sujet est traité avec beaucoup de rigueur car le phénomène est grandissant et dangereux. Cette vérification d’identité nécessite de déployer un modèle d’exploitation complet en utilisant des ressources à moindre coût pour le passage à l’échelle. Il convient par ailleurs de standardiser et rationaliser les procédures de développement et de validation.
Enfin, la détection intégrée de fraude en temps réel doit pouvoir être gérée via une évaluation en temps réel de la fraude. Cette détection se fait à partir des événements survenus dans les processus métier, via une orientation du flux de travail vers les bons acteurs au sein de l’organisation, à l’aide de règles métier, une protection et une information à mesure que de nouvelles menaces émergent, à l’aide d’analyses complémentaires de cybersécurité. La détection intégrée de fraude en temps réel est un des très gros enjeux de la décennie qui arrive, elle nécessite la mise en place de lourds process, beaucoup de technologies et de transformation.


Le plus important est d’améliorer, étendre, faire progresser et approfondir les aptitudes existantes. Pour aider les administrations, les technologies sont matures et peuvent être mises en place en quelques mois – un des plus grands défis étant d’accompagner les équipes pour qu’elles se les approprient et de faire évoluer les habitudes et les modes de travail. À ce titre, se pose la question de la formation pour acculturer les utilisateurs à l’exploitation de la “data” et aux approches modernes sur le terrain social. Un autre gros cheval de bataille.

Nicolas ConsoAlexandre Negadi, consultant expert “secteur public” chez SAS France

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