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Le volontariat territorial en administration passe à l’échelle

L’État veut aider les petites collectivités rurales à recruter 800 jeunes diplômés d’ici fin 2022 pour qu’elles bénéficient de compétences parfois rares en matière d’ingénierie de projets. Le “Volontariat territorial en administration” a été lancé en avril dernier.

Vue du de la Cité internationale de la tapisserie de la commune d'Aubusson, qui cherche un chargé de développement économique en "volontariat territorial en administration"

C’était l’une des 200 mesures proposées pour constituer l’”agenda rural” du gouvernement. Le volontariat territorial en administration prend progressivement racine, et devrait même monter en puissance dans les mois à venir. L’objectif initial que s’était fixé le gouvernement de 200 volontaires recrutés a en effet été atteint, et rehaussé à 800 pour 2022.

Le dispositif, adossé notamment à une plate-forme en ligne, permet aux collectivités rurales de recruter des jeunes diplômés pour leur donner un coup de pouce dans leurs projets de développement, tout en bénéficiant du soutien financier de l’État. L’idée avait été proposée par plusieurs élus auteurs d’un rapport sur la ruralité remis au gouvernement à l’été 2019. “À l’image du volontariat territorial en entreprise (VTE) [...], il s’agit de créer un statut particulier d’agent public contractuel, incitatif pour le jeune diplômé”, pouvait-on lire dans ce rapport. De quoi “fournir la promesse d’une meilleure qualité de vie pour les jeunes diplômés et l’opportunité d’une montée rapide en compétences professionnelles”. Quelque dix-huit mois plus tard, en avril 2021, le volontariat territorial en administration (VTA) voyait donc le jour : des contrats de douze à dix-huit mois, rémunérés, et subventionnés par l’État à hauteur de 15 000 euros. Soit un soutien financier de 12 millions d’euros.

Missions d’ingénierie de projet

“Avec l’arrivée du plan de relance, le constat était que certaines collectivités n’auraient pas assez de personnels pour monter de nombreux dossiers, ni forcément l’expertise en matière d’ingénierie”, resitue Simone Saillant, directrice du programme “Ruralités” de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT). Avant d’être ouvertes aux candidatures, les missions doivent être validées par l’ANCT – en lien avec la préfecture dont relève la commune –, pour s’assurer qu’elles correspondent bien à des missions d’ingénierie de projet, pour aider à la réalisation d’un plan stratégique d’investissement pluriannuel, du projet de territoire (d’autant plus avec l’installation de nouveaux exécutifs après les élections municipales de 2020) et des contrats de relance et de transition écologique, ou pour préparer des dossiers de subvention divers et variés, par exemple.

Depuis avril, 250 VTA ont ainsi été recrutés par des collectivités rurales dans toute la France, principalement sur des contrats de projets – créés par la loi du 6 août relative à la transformation de la fonction publique. Au total, le dispositif comptabilise environ 485 offres d’emploi et 1 000 candidatures. En grande partie sur des missions généralistes d’appui aux contrats de relance et de transition écologique, ou d’appui aux projets de territoire, et dans une moindre mesure pour mener à bien des projets plus thématiques (plan vélo, dispositif culturel Micro-folies, contrat local de santé ou projet de médiathèque par exemple).

“La formule du VTA répond à nos difficultés de recrutement en matière d’ingénierie de territoire, ce qui est d’autant plus nécessaire que nos projets se sont décalés et accumulés à cause de la crise sanitaire”, explique ainsi Benoît Rigaudeau, le directeur général des services de la commune de Mazé-Milon, dans le Maine-et-Loire. Cette commune d’une centaine d’agents pour presque 6 000 habitants cherche depuis dix jours un connaisseur des principes de la commande publique et de la maîtrise d’œuvre pour aider à réaliser le projet de mandat des deux prochaines années. “Il nous aidera à mener différents projets stratégiques de la commune, comme la construction d’une nouvelle salle de sport, la réhabilitation de bâtiments, ou encore dans notre opération de reprise d’activités pour revitaliser le centre-bourg”, décrit le directeur des services.

800 volontaires recrutés d’ici fin 2022

Les communes de la taille de Mazé-Milon ne sont pas les plus intéressées, pour le moment. Même si le plafond maximal est fixé à 20 000 habitants, ce sont les communes de moins de 500 habitants qui sont les plus nombreuses à vouloir recruter, selon l’ANCT. “Environ 80 % d’offres sont portées par des intercommunalités ou des communes, quand le reste est plutôt porté de façon mutualisée, par des associations d’élus, des syndicats mixtes ou des structures parfois plus atypiques comme des CCAS [centres communaux d’action sociale, ndlr]”,précise la responsable du dispositif à l’ANCT, Patricia Andriot. Certaines offres ne trouvent toutefois pas toujours preneur, notamment celles qui relèvent de la simple recherche de financements.

Quoi qu’il en soit, l’agence tire un bilan positif de ce lancement expérimental et met désormais l’accent sur la communication – au départ timide – autour du dispositif et cherche de nouveaux relais, dans les grandes écoles et les universités, ou dans les réseaux professionnels ou associatifs comme Familles rurales, pour pouvoir atteindre les 800 VTA recrutés d’ici fin 2022. 

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