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Le décloisonnement numérique, enjeu du prochain quinquennat ?

L’aboutissement du nouvel espace numérique de santé prouve que l’interopérabilité, et plus largement l’État plate-forme, peuvent se mettre en place. La mue numérique du secteur public nécessite une nouvelle approche culturelle et managériale.

Il faut bien comprendre que le nouvel espace numérique de santé des Français, lancé jeudi par Olivier Véran, est une révolution qui pourrait faire ricochet dans le secteur public et accélérer en profondeur sa transformation numérique. Sur le plan technique mais, surtout sur le plan culturel. Et c’est là l’essentiel. Bien sûr, il faut garder quelques nuances, mais avec ce nouveau dispositif “Mon espace santé”, il pourrait y avoir un avant et un après. “Mon espace santé” enterre définitivement le peu regretté dossier médical partagé (DMP), un fiasco.

Pourquoi cet enthousiasme ? Parce que le projet, porté par la délégation ministérielle au numérique en santé, a réussi à embarquer toutes les parties prenantes, tous les acteurs dans la même dynamique. Tous ont joué pleinement le jeu quand le DMP était boudé, voire snobé par les professionnels de santé et par les usagers – les dossiers médicaux ouverts restaient vides et inutilisés. Et le projet, appuyé fortement par le “Ségur de la santé” – avec plus d’1 milliard d’euros mis sur la table – a réussi l’interopérabilité des multiples logiciels. Tout le monde peut désormais parler d’une même voix numérique.

Voilà l’incarnation de l’État plate-forme évoqué depuis plusieurs années et qui tardait à pleinement s’instaurer.

Les fonctionnalités de ce carnet de santé numérique dernière génération sont multiples et évolutives, avec un accès très prochain via FranceConnect. Surtout, il s’appuie sur la procédure de l’opt-out : il est ouvert automatiquement. Voilà l’incarnation de l’État plate-forme évoqué depuis plusieurs années, initié avec FranceConnect et qui tardait à pleinement s’instaurer.

Le défi relevé par la Caisse nationale d’assurance maladie est scruté avec envie par l’éducation nationale, qui ne parvient pas à faire converger tous les logiciels, applications et services numériques relatifs au monde éducatif. Les séquences de fermetures de classes ont mis en lumière l’incapacité de l’institution à mettre en synergies dans des interfaces communes et à faire converger enseignants, parents d’élèves, ministère et collectivités locales. C’est même un bazar sans nom. 

L’initiative suscite également quelque intérêt chez nos voisins européens. Peut-être l’enjeu est-il trop technique d’apparence pour être évoqué pendant cette campagne présidentielle. Ce serait dommage : la mue numérique du secteur public, en forte accélération depuis deux ans, est centrale.

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