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Les Français favorables à une augmentation des salaires des hauts fonctionnaires

Le gouvernement vient de publier les résultats d’une enquête qu’il a commandée auprès d’Ipsos pour connaître l’opinion des Français en général et des agents publics en particulier sur sa réforme de la haute fonction publique. L’occasion aussi de les interroger sur l’alignement des salaires des hauts fonctionnaires sur ceux du privé ou encore sur la suppression du statut.

Le timing a de quoi interroger. Alors que l’ordonnance actant les grands principes de la réforme de la haute fonction publique vient d’être publiée, le gouvernement Castex dévoile les résultats d’une enquête d’opinion commandée par ses soins auprès de l’institut de sondages Ipsos sur les grands axes de cette réforme. Une opération de communication qui, face aux nombreuses critiques sur le contenu de la réforme, permet donc à l’exécutif de se faire “valider sa copie” par les Français et les agents publics. Mais sans pour autant le concéder.

Rendus publics lundi 14 juin, les résultats de cette enquête* révèlent que 87 % des Français et 84 % des agents publics interrogés se déclarent favorables à la réforme. Le soutien diverge malgré tout selon les mesures considérées. La très grande majorité des personnes interrogées soutiennent ainsi, par exemple, le renforcement de l’évaluation des hauts fonctionnaires (78 % des Français se déclarent favorables à cette mesure et 80 % des agents publics) et la fin de l’accès direct aux grands corps accompagnée de la priorité donnée aux postes opérationnels (72 % de “favorables” chez les Français et 74 % chez les agents publics). 

A contrario, ces proportions d’opinions favorables sont moins importantes s’agissant de la suppression du corps préfectoral (58 % d’opinions favorables chez les Français et 52 % chez les agents publics) et du remplacement de l’ENA par l’INSP (respectivement 55 et 53 %). La suppression proprement dite de l’ENA est quant à elle soutenue par moins d’un Français sur deux, 46 % des Français interrogés y étant favorables et 43% des agents publics.

Alignement des salaires sur le privé

Le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques a profité de cette enquête pour demander à Ipsos de déterminer l’opinion des Français et des agents publics sur d’autres “pistes de réforme” concernant la haute fonction publique. Et non des moindres, à commencer par l’opportunité d’aligner les revenus des hauts fonctionnaires sur les salaires (plus élevés) du secteur privé.

Si une très grande partie des sondés affirme que les hauts fonctionnaires sont “très bien payés” (89 % des Français et 83 % des agents publics), la majorité d’entre eux estiment également qu’ils seraient “mieux rémunérés dans le secteur privé à poste égal” (67 % chez les Français et 70 % chez les agents publics). Aussi la majorité des interrogés se déclarent-ils favorables à ce que le salaire des hauts fonctionnaires “soit désormais aligné sur ceux du privé” à compétences et responsabilités égales. 

Ainsi, 57 % des Français et 60 % des agents publics sondés s’y déclarent favorables. Une proportion à laquelle l’exécutif ne manquera pas de faire référence dans les prochains mois dans le cadre de ses très sensibles travaux sur la revalorisation des rémunérations des cadres supérieurs de l’État, voulue par Emmanuel Macron [cliquez ici pour consulter notre article sur le sujet].

60 % de Français favorables à la suppression du statut 

Autre élément qui intéressait le ministère : l’opinion sur la suppression du statut de fonctionnaire “en faveur” d’un statut de contractuel. Il ressort que 60 % des Français se déclarent favorables à l’idée de “supprimer le statut de l’ensemble des fonctionnaires” pour “leur donner un statut de contractuel”. Sans surprise, cette proportion est beaucoup plus faible chez les agents publics (31 %). 

Que le gouvernement ait demandé à Ipsos de poser cette question n’a rien d’étonnant à moins d’un an de l’élection présidentielle. De cette manière, l’exécutif trouve en effet le moyen de répondre à la droite, et aux Républicains plus précisément qui, en mars dernier, ont promis de s’attaquer à “l’emploi à vie” dans la fonction publique. Comment ? En créant “un nouveau contrat public pour les nouveaux entrants et les fonctionnaires volontaires”[cliquez ici pour consulter notre article sur le sujet]. 

Au-delà, près de deux ans après la publication de la loi de transformation de la fonction publique, les résultats de cette enquête permettent aussi à l’exécutif de légitimer son choix d’élargir le recours aux contractuels via les nouvelles possibilités en ce sens ouvertes par la loi du 6 août 2019. 

* L’enquête d’Ipsos a été menée auprès d’un échantillon de 1 798 personnes (989 personnes du “grand public” et 800 agents publics). Elle a été réalisée du 28 au 31 mai 2021.

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